L’Atlas botanique du Cannabis

Recherches aux quatre coins du monde

L’institut Botanique de Barcelone va procéder à des recherches aux quatre coins du monde en vue de récolter des données sur les origines de cette plante millénaire. Oh, ça donne envie !! Dans une autre vie, Benito aurait aimé être ethnobotaniste.

Le gouvernement catalan au travers du Ministère des sciences et de l’innovation va financer le projet de recherche afin de mieux connaître le profil chimique et la morphologie ancestral du cannabis avec pour objectif final arriver à l’origine de cette plante et archiver les références bibliographiques de son usages traditionnelles à travers l’histoire de l’humanité pour en faire la base de nouvelles applications. Business is business…

Une équipe multidisciplinaire composée de chercheurs de l’institut et des facultés de pharmacie et des sciences de l’alimentation de l’Université de Barcelone a été mise en place. En collaboration avec des botanistes locaux, ils ont pu obtenir des échantillons de plantes sauvages ou on reçu des extraits d’ADN lorsque les conditions politiques ne leur permettait pas d’aller investiguer.

Récolter des données […] afin de mieux connaître le profil chimique et la morphologie ancestral du cannabis avec pour objectif final arriver à l’origine de cette plante et archiver les références bibliographiques de son usages traditionnelles à travers l’histoire de l’humanité pour en faire la base de nouvelles applications.

500 à 600 échantillons de plantes sauvages

Ils se sont centrés sur les échantillons issus de l’Europe de l’Est et d’Asie, car on y trouve plus facilement du chanvre à l’état sauvage. Dans les Amériques ou en Afrique, il a été plus difficile de récolter des échantillons. La culture sauvage, naturelle est beaucoup moins présente. On est plutôt en présence de plantes destinées au trafic, avec des individus hybrides, améliorés, tout ce que souhaite éviter cette recherche. 

Après trois ans de recherche, 500 à 600 échantillons de plantes sauvages de cannabis ont été récoltés à travers le monde. Ce large échantillon va permettre d’aborder l’étude de toutes les variabilités de la plante d’un point de vue morphologique, pour déterminer s’ il y a une seule ou plusieurs espèces de cannabis, la variabilité biochimique de ses composants et ordonner une analyse exhaustive de sa carte génétique. Rien que ça..

L’équipage devait aussi utiliser des filets de pêche à base de fibre de chanvre, car certains historiens pensent que la fabrication de filet de pêche était l’une des premières utilisations du chanvre par nos lointains ancêtres, il y a plus de 10’000 ans. L’équipage devait aussi être fourni en vache à eau à partir de toile de chanvre cirée et donc étanche, élément crucial pour les explorateurs de l’époque

Les usages traditionnels du chanvre sont très nombreux […] entre autres les boissons, traitements et rituels magiques.

plus de 10’000 références bibliographiques

Ils ont aussi réuni une quantité astronomique de références bibliographiques sur les usages du cannabis à travers le monde, plus de 10’000, vous imaginez un peu. La plupart viennent de Chine et d’Inde, rien d’étonnant. « Les usages traditionnels du chanvre sont très nombreux » souligne Teresa Garnatje, chercheuse et directrice de l’Institut. Elle cite entre autres les boissons, traitements et rituels magiques qui utilisent une partie de la plante, que ce soit la feuille, les graines, le fruit, les racines, tout… Elle avoue qu’avec toutes ses traditions, ses usages, ses bienfaits, il serait nécessaire d’amplifier le nombre de recherches sur le sujet. 

A l’heure actuelle, les travaux ont pris du retard en raison d’un certain virus mais ils avancent bon train. Ils ne sont toutefois pas sûrs de pouvoir déterminer l’origine exacte de la plante, car certains échantillons manquent, certains pays sont très restrictifs et ne collaborent pas. Bref, on attend la suite avec impatience, en espérant que les résultats seront partagés.

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